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CSE Bulletin de liaison N°18


Attention aux brûlures
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Bulletin de liaison, d'information et de documentation N°18
diffusé par le Service des Centres Sociaux Éducatifs
Château Royal, El-Biar, Alger
2e Trimestre 1961 (imprimé en juillet 1961)

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Sommaire

  • Éditorial (par Marcel LESNE)
  • Pédagogie :
    — L'action sociale dans des CSE
    — L'action sanitaire dans les CSE
  • Vie des Centres :
    — Education sanitaire au CSE de Baraki
    — Organisation des cours d'éducation sanitaire au CSE de Noisy-Ses-Bains (par Jean-Claude GASTEAU)
    — L'activité du secrétariat social au CSE de Perrégaux (par Amar TOUIMER, Directeur du CSE de Perrégaux)
    — Lettre d'un moniteur du bled à ses collègues (par NAOUI Hasni)
  • Coopération
    — Première assemblee genérale de l'A.C.E.B.A. (par A.M.)
    — L'Association pour le développement de la coopération en Algérie
    — Informations coopératives (par A. MARTI)
    — Principes et valeur de la méthode de développement communautaire (par Maurice MILHAUD, Extraits)
  • Information - Documentation :
    — La mutuelle des habitants de la Cité de Mahieddine (par J. BIERRE)
    — Le fichier social (par M. F. SOL-DOURDIN)
    — Statistiques 1960 : activités sociales et sanitaires des CSE
    — Cours d'adultes inter-Entreprises (par M. OULD AOUDIA, Inspecteur des Centres Sociaux Educatifs, Circonscription d’Alger-Est)
    — Documents nouveaux
    — Enquêtes sur les émissions RTF des CSE
    — Campagne Ruches-Abeilles 1961

EDITORIAL

De tout temps, les activités sanitaires et sociales des Centres Sociaux Educatifs ont conféré à ces organismes leur visage particulier. Malgré les craintes injustifiées qu'a pu faire naître l'application loyale de l'ordonnance du 20 Août 1958, confiant aux Centres Sociaux Educatifs une mission supplémentaire de préscolarisation, ces activités n'ont cessé de se développer. Les statistiques citées dans les pages suivantes permettent de se rendre compte de la faveur sans cesse croissante que leur accorde le public.

La volonté délibérée d'éviter les déviations doctrinales, aussi bien que la nature des choses elle-même, permettent leur plein épanouissement au secrétariat social et à la salle de soins. En effet il s'agît de deux domaines où l'ignorance et la misère laissent malheureusement aux Centres Sociaux Educatifs un champ d'action pratiquement illimité. Dans les nouveaux villages ou les regroupements provisoires, aussi bien que dans les faubourgs des grandes villes ou les petits centres ruraux, la masse des déshérités requiert une aide et des conseils dans les démarches sociales qu'ils sont appelés à entreprendre, des soins et une éducation sanitaire simple mais fondamentale pour éviter la maladie ou les fléaux sociaux. Ces besoins sont d'ailleurs tellement primordiaux et l'implantation d'un Centre Social Educatif correspond si bien à ces besoins, qu'ils constituent le principal argument lorsque les autorités locales demandent la création de cet organisme. Les directeurs des nouveaux centres eux-mêmes, pleinement conscients de la nécessité de prendre contact avec la population et ses problèmes, de transformer leur nouveau centre, d'organisme extérieur et encore inconnu, en un vivant ferment de progrès au sein de la collectivité, s'efforcent dès le départ, grâce au secrétariat social et à la salle de soins ou même par des visites à domicile, de tisser les liens de confiance et d'amitié indispensables à leur œuvre éducative. C'est dire que les activités sanitaires et sociales réussissent généralement très bien partout.

Mais cette iacilité d'action comporte des dangers. Devant la masse des besoins, le Centre Social Educatif risque de se transformer en organisme de pure assistance et de perdre de vue que son principal objectif est d'éduquer les collectivités sous-développées et de leur apprendre à se tirer d'affaire elles-mêmes. En matière de secrétariat social, les solutions apparaissent com me relativement faciles ; l'alphabétisation aussi bien que les conseils pratiques permettent de créer petit à petit un « pont » entre les institutions locales ou lointaines et les intéressés qui les ignoraient ou ne savaient pas en tirer tout le parti possible. En matière médicale, le problème apparaît singulièrement différent, la santé et la vie même des individus étant en cause : on peut aisément distribuer les petits soins courants ou des soins d'urgence, on ne peut soigner la maladie à demi. Devant l'énormité des besoins des populations et l'insuffisance de l'appareil médical, le personnel est parfois tenté de dépasser ses prérogatives. Mais si dure que peut paraître cette position, c'est en définitive par l'éducation que la lutte contre la maladie, à l'échelon des Centres Sociaux Educatifs, apparaît comme la plus efficace. Insuffisamment armé et non pleinement qualifié pour lutter contre la maladie elle-même, le Centre Social Educatif doit s'efforcer, par ïéducation, de créer des comportements sanitaires, de prévenir la maladie, de protéger la mère et l'enfant. Ainsi, le terme « éducatif » que le décret du 30 juillet 1959 a ajouté à l'ancienne appellation de « Centre Social » prend-il ici son véritable sens.

Une autre nécessité apparaît aussitôt. Les activités sanitaires et sociales étant conçues, non comme des techniques d'assistance pure et simple des populations, ou des moyens permanents d'accrochage en faveur des autres activités, mais comme des activités essentiellement éducatives avec un support d'assistance, nous devons retrouver à leur propos le caractère global qui caractérise l'éducation de base. L'éducation sanitaire ou sociale imprégnera l'enseignement dans les classes de préscolarisation, touchera directement de façon plus complète toutes les catégories des publics adolescents ou adultes fréquentant le Centre, débordera de l'organisme éducatif même pour aborder, sous forme de « campagnes », la collectivité tout entière. Chaque moniteur d'enseignement général, professionnel ou ménager, à côté du secrétaire social et de l'infirmière, formera ici encore une équipe unie dans la lutte contre le sous-développement sous toutes les formes où il se présente.

Marcel LESNE
Inspecteur d’Académie, chargé du Service des Centres Sociaux Educatifs


Les amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs compagnons
L’association Les amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs compagnons publie une revue annuelle, Le Lien, qui figure au répertoire international des périodiques. Celle-ci est diffusée aux adhérents et sympathisants en France, en Algérie et Outre-mer. Tous n’ont pas connu Max Marchand et ses compagnons, mais ils croient à la tolérance, à l’humanisme, à la fraternité, à la solidarité et à la paix. Si vous, qui venez de lire ce texte, croyez à ces valeurs, nous serions heureux de vous accueillir pour travailler ensemble, au sein de l’association.