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CSE Bulletin de liaison N°13


Attention aux brûlures
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Bulletin de liaison, d'information et de documentation N°13
diffusé par le Service des Centres Sociaux Éducatifs
Château Royal, El-Biar, Alger
1er Trimestre 1960 (imprimé en avril 1960)

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Sommaire

  • Editorial (par L CAPDECOMME)
    Pédagogie :
  • Les Centres Sociaux Educatifs et la Structure Académique
  • Nos activités de préscolarisation
  • Une expérience de scolarisation totale à Oued-Fodda
    Vie des Centres :
  • Le Secrétariat Social au Centre Social Educatit de Bel-Air
  • Action Sociale à domicile
  • Organisation d'une Pouponnière
  • Petites réalisations d'Artisanat féminin
  • Témoignage vivant
    Informations :
  • Le Bureau de Documentation et de Diffusion
  • Le Centre de Formation pour l'Education de Base
  • Nominations - Affectations
  • Programme d'implantation des Centres Sociaux Educatifs

EDITORIAL

POUR ne parler que des initiatives françaises en la matière, c’est à partir de 1949 que furent tentées des séries d’expériences d’éducation de base, dans les territoires africains. En 1994, la campagne entreprise depuis1992 au Cameroun permettait déjà de dégager, en précisant la notion même d’éducation de base, le programme et les techniques à mettre en oeuvre. Dès cette époque, apparaissaient ainsi, forgées par l’expérience, les idées maîtresses que les Centres Sociaux Educatifs dégagèrent à leur tour après quelques années de fonctionnement : nécessité de l’enquête préalable - enseignement de techniques artisanales simples - éducation familiale et ménagère - éducation sanitaire (puériculture, hygiène, etc...), élévation du niveau de vie par l’amélioration ou la création de ressources - constitution de l’équipe d’éducation de base douée d’une autonomie relative - élaboration de documents surtout audio-visuels et formation des moniteurs.

En Algérie, la création des Centres Sociaux Educatifs correspondait à un besoin évident, étant donnée la masse des individus non touchés par l’école ou les institutions, insérés dans un contexte économique et social ne favorisant aucunement leur évolution individuelle ou collective. L’animation du Service des Centres Sociaux Educatifs exigeait de l’imagination et de l’audace pour braver les préjugés, et sortir des sentiers battus, mais aussi un sens aigu des réalités. Un contact étroit avec les institutions existantes et une organisation administrative solide, compensant en quelque sorte l’indispensable liberté d’action et l’initiative individuelle de chaque équipe, s’avérait absolument nécessaire pour éviter la faillite qui a frappé tant de tentatives d’éducation de base. On ne rendra jamais assez hommage au dévouement, anonyme ou officiel, de toutes les personnes de bonne volonté qui ont mis en œuvre, dans l’Académie d’Alger, la doctrine d’éducation de base, et ont su dégager les directives d’action dont profitent aujourd’hui les nouveaux Centres. Dans ce domaine. le bilan est positif.

Par contre, l’armature administrative adaptée aux structures existantes et à la vocation particulière des Centres Sociaux Educatifs a laissé beaucoup à désirer, pendant près de quatre ans. Après les tâtonnements inévitables et fructueux, après les expériences réussies ou les échecs riches d’enseignements, l’institution ne pouvait survivre et s’épanouir qu’en tirant d’elle-même ses propres règles et en se rattachant à un cadre général. Tel est un des buts du Décret du 30 Juillet 1959 qui intègre le Service des Centres Sociaux Educatifs dans la structure académique.

Il faut dire que la crise de croissance a profondément marqué le Service. Des constructions hâtivement entreprises, sans les garanties indispensables de technicité, se révèlent parfois ruineuses peu après leur édification. Le manque d’instructions précises, ou la non application de celles qui existaient, a souvent entrainé un mauvais emploi, sinon un sous-emploi du personnel. Une trop grande liberté dans les initiatives aboutit au gaspillage des moyens financiers, à l’anarchie dans l’action, à l’incohérence dans les réalisations. Un tel état de fait facilite de toute évidence les intrigues de toutes sortes et dé courage le personnel sérieux, désireux de voir ses efforts récompensés par des résultats positifs. Point n’est besoin de rappeler combien le Service des Centres Sociaux Educatifs a souffert de cette mauvaise gestion administrative et de cette impréparation à l’extension de ses activités, combien ses erreurs et ses faiblesses ont été mises à profit par certains pour porter des accusations contre un organisme si nécessaire à l’Algérie, qui se penche sur les plus déshérités et s’efforce de leur restituer leur dignité d’homme.

En 1959, la réorganisation du Service était devemie la condition même de sa survie, et ses effets bienfaisants se font maintenant sentir, malgré la tâche énorme qu’imposent le redressement des mauvaises habitudes et l'extension même du Service. Après toutes les précautions techniques désirables, un marché avec les entreprises adjudicataires va permettre, dans les prochains mois, la réalisation d’un programme de constructions pour une période de trois années budgétaires. Une décentralisation administrative, prudente et progressive, confie peu à peu la gestion administrative courante aux Inspections Académiques. L’Inspecteur des Centres Sociaux Educatifs assure l’animation et le contrôle des Centres existants, développe les liaisons confiantes avec les autres institutions ; il étudie les nouvelles implantations pour les territoires de sa circonscription, qu’il connaît de façon pratique, de plus en plus profondément, sous le double aspect des besoins et des institutions existantes. Enfin, vigoureusement animé, le Centre de Formation pour l’Education de Base est désormais en mesure d’apporter une contribution effective à la formation des cadres ; des stages d’entretien, destinés à perfectionner les moniteurs en exercice, s’y déroulent depuis janvier ; en avril commencera la première série de stages de formation préalable et les futurs Chefs de Centre seront, pendant trois mois, préparés a la tâche complexe qui les attend.

Les Centres Sociaux Educatifs ont depuis l’origine une séduisante profession de foi. Mais l’habileté verbale ou écrite de la présentation, tout comme les déclarations de bonnes intentions valent bien moins que les actes positifs et que le travail ordonné ou chacun nourrit sa confiance dans la cohésion de l’œuvre commune. Désormais l’institution est heureusement engagée sans détours dans une action réaliste autant que généreuse. Des structures administratives cohérentes, des possibilités réelles d’impultion pédagogique et doctrinale assurent de résultats concrets les Centres Sociaux Educatifs. Ils pourront non seulement conserver la partie très pure de « l’état d’esprit » des premiers Centres Sociaux, mais encore la développer, assurés qu’ils sont de pouvoii mener à bien leur tâche éducative et sociale si importante en Algérie.

L CAPDECOMME
Directeur de l’Education Nationale en Algérie
Recteur de l'Académie d'Alger


Les amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs compagnons
L’association Les amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs compagnons publie une revue annuelle, Le Lien, qui figure au répertoire international des périodiques. Celle-ci est diffusée aux adhérents et sympathisants en France, en Algérie et Outre-mer. Tous n’ont pas connu Max Marchand et ses compagnons, mais ils croient à la tolérance, à l’humanisme, à la fraternité, à la solidarité et à la paix. Si vous, qui venez de lire ce texte, croyez à ces valeurs, nous serions heureux de vous accueillir pour travailler ensemble, au sein de l’association.