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CSE Bulletin de liaison N°14


Attention aux brûlures
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Bulletin de liaison, d'information et de documentation N°14
diffusé par le Service des Centres Sociaux Éducatifs
Château Royal, El-Biar, Alger
2e Trimestre 1960 (imprimé en août 1960)

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Sommaire

  • Éditorial (par Marcel Lesne)
  • Pédagogie :
    — Libres propos sur I Agriculture (par Raymond VIAL, Directeur du CSE Rivoli)
    — Education agricole dans les douars d'Er-Rahel (par Louis Cari)
    — Les méthodes de vulgarisation agricole (par Marcel Kergomard)
    — Principes et enseignements d’une expérience de formation professionnelle agricole (par Jean COLSON, Directeur du Centre Algérien d'Expansion Economique et Sociale)
  • Aménagement des centres (C. LEBRUN)
  • L'Instituteur du bled (Mouloud FERAOUN + extrait de « Jours de Kabylie » Ed. Baconnier)
    Action cooperative :
  • Expériences d'action coopérative dans les Centres
  • Un essai concluant (G. Long)
  • Un exemple d'association : Bouinan (par OUARI)
    Vie des Centres :
  • CSE des Attafs (par M. RAMLA)
  • CSE de Saint-Maur (par M. MEKHERBECHE)
  • CSE de Rivoli (Raymond VIAL Directeur du CSE Rivoli)
  • CSE de Lavarande (par M. OUARI, Directeur)
  • CSE de Lamartine (par M. ROUMEAS)
  • CSE de Rovigo (par G. LANG)
    Informations :
  • L'indispensable révision (circulaire de M. Jacques PELISSIER)
  • Les journées Pédagogiques - Nominations
  • Documents réalisés par le Service
    — Des brochures
    — Notre premier journal
    — Les films fixes
  • Utilisation combinée des moyens audio-visuels
  • Programme d'implantation des Centres

EDITORIAL

Le Service des Centres Sociaux Educatifs compte encore bein peu de Centres à vocation rurale. Les expériences tentées sont néanmoins très riches en enseignements et très encourageantes. Au moment où une nouvelle tranche de 60 Centres, en majorité ruraux, vont s’ajouter aux 55 Centres réalisés depuis 1955, il n’est pas inutile de se poser quelques questions et de dégager des perspectives d’action.

L’éducation agricole constitue, en milieu rural, la pièce maîtresse de toute action d’éducation de base. Elle se prête parfaitement à l’action globale, base de notre méthode éducative, en s’adressant à la fois à la femme, aux adolescents et aux adultes : très souvent mode de vie plutôt que profession, l’agriculture se transforme dans la mesure où évoluent les esprits des membres de la famille patriarcale. En outre, toute éducation agricole a pour conséquence immédiate l’augmentation des ressources et l’élévation du niveau de vie. C’est pourquoi elle doit figurer au premier plan des préoccupations du chef de centre. Mais les Centres Sociaux Educatifs ne sont pas équipés pour apporter aux cultivateurs les services dont ils ont besoin (crédit - matériel collectif - semences - conditionnement et vente des prodtdts...). Actuellement rares aussi sont les Centres qui possèdent des moniteurs agricoles et, devant le recrutement intense opéré pat' les Services de la Direction de l’Agriculture, il est même permis de se demander si le Service des Centres Sociaux Educatifs pourra jamais atteindre l’idéal d’un moniteur agricole par centre rural. D’ailleurs, le plein emploi de ce moniteur, riche de foi et peut-être d’expérience, mais dépourvu de moyens financiers ou matériels d’action, pourra-t-il être obtenu dans chacun de ces centres ruraux ? Aussi, beaucoup de Chefs de Centre ont-ils spontanément cherché dans la collaboration avec les représentants locaux des Services agricoles, à la fois l’inspiration technique et les moyens de leur action éducative dans le domaine agricole. On trouvera de nombreux exemples de cette collaboration dans les pages de ce bulletin.

Ces expériences de collaboration doivent être poursuivies et multipliées. Elles relèvent actuellement de l’initiative locale car le cadre général en a été tracé. Une note de la Direction de l’Agriculture et des Forêts en date du 15 décembre 1959, dégage les principes d’une collaboration active et fait une obligation aux Directeurs des Services agricoles et du Paysanat et aux Ingénieurs des Services agricoles d’ouvrir une rubrique « liaison avec les Centres Sociaux » dans leurs rapports mensuels. Par son action éducative globale sur une collectivité déterminée (douar - tribu) le Centre Social Educatif joue tout naturellement le rôle de cette structure d’accueil à partir de laquelle la vulgarisation agricole des moniteurs des Services agricoles peut s’exercer avec profit. Par les moyens audio-visuels dont il dispose, le Centre Social Educatif peut aussi participer à cette éducation de masses sans laquelle l’action individuelle du moniteur agricole spécialisé risque de ne pas pénétrer dans la collectivité. Enfin, partant du principe que le Centre Social Educatif ne doit pas se substituer à l’institution mais la précéder, la susciter et diriger vers elle les populations encore inaptes à en tirer profit, il semble que, partout où se trouvent les moniteurs S.A.R. ou S.A.P. la collaboration avec les Services agricoles offre les garanties les plus sûres de technicité et de rentabilité. Ici, comme partout, le double emploi signifie concurrence, gaspillage, inefficacité.

Cela ne veut pas dire que le Service des Centres Sociaux Educatifs doit renoncer à la mise en place de ses propres moniteurs agricoles. Ici encore, la Direction de l’Agriculture, parfaitement consciente de l’immensité de la tâche à accomplir, s’offre à former tous les moniteurs recrutés par le Service des Centres Sociaux Educatifs. Ces derniers seront plus particuliè rement à leur place, soit dans les Centres dépourvus de moniteurs des Services agricoles, soit dans les Centres Sociaux Educatifs dotés de moyens importants (terrains ou jardins) ou placés dans une zone où une formation massive de spécialistes doit être entreprise (zones ouvertes à l’irrigation), soit pour un ensemble de Centres Sociaux Educatifs ruraux assez rapprochés pour utiliser les services d’un moniteur itinérant. Mais avant d’entreprendre la mise en place systématique de ce personnel, il convient de disposer d’un plus grand nombre de réalisations permettant de dégager une doctrine définitive des Centres Sociaux Educatifs.

Cependant, quelle que soit la formule retenue, la collaboration technique et amicale avec les responsables locaux des Services agricoles demeure la base indispensable de notre action en milieu rural, sans pour autant que le Centre Social Educatif perde son indépendance. Un Inspecteur des Centres Sociaux Educatifs sera spécialement chargé de l’animation des Centres en cette matière afin d’assurer l’unité de vues.

Le Chef de Centre joue évidemment le rôle le plus important dans cette orientation agricole des Centres Sociaux Educatifs, même s’il n’est pas technicien, car il peut toujours être un animateur passionné et un réalisateur. Lui seul possède bien souvent l’autorité nécessaire, dûe à ses responsabilités, pour assurer de fructueuses liaisons. Sans moniteur spécialisé, le Centre peut participer à toutes les campagnes lancées par les S.A.P. ou les S.A.R. (taille - engrais - fumier - plantations, etc...). Il peut très facilement être doté d’un petit rucher, d’un poulailler modèle, d’un petit jardin potager gérés sous forme coopérative, surveillés techniquement par les agents des Services agricoles et point de départ d’une action profonde au sein des collectivités. Pour un Chef de Centre, attendre l’affectation d’un moniteur à son équipe pour entreprendre une action agricole, révèle une conception inexacte du rôle du Centre Social Educatif ; il ne s’agit pas, en effet, d’ouvrir une « section agricole » mais de montrer qu’avec de faibles moyens et de la bonne volonté, moyennant quelques précautions et avec l’aide des institutions existantes, tout individu peut améliorer ses ressources.

Faire prendre conscience de leurs possibilités personnelles, aux adolescents et aux adultes, les soutenir dans leur effort, en un mot pratiquer l’auto-évolution, n’est-ce point là en définitive le but de l’éducation de base ? Aussi le Centre Social Educatif doit-il offrir lui-même des exemples de perfectionnement modeste, obtenus sans beaucoup d’investissements, facilement généralisables et que l’on peut réaliser sans de technicité spéciale. Il doit montrer les bienfaits de l’action coopérative et éduquer les usagers du centre en ce domaine. S’il dispose d’un moniteur, il pourra offrir l’exemple d’autres améliorations plus techniques. Mais dans tous les cas, il se doit, de façon impérative, de collaborer loyalement avec les techniciens chargés de la vulgarisation agricole ou de la promotion écono mique des masses rurales, et de s’associer sans arrière-pensée, avec tous ses moyens, à toute œuvre placée au service des populations déshéritées.

Marcel LESNE
Inspecteur d’Académie, chargé du Service des Centres Sociaux Educatifs


Les amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs compagnons
L’association Les amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs compagnons publie une revue annuelle, Le Lien, qui figure au répertoire international des périodiques. Celle-ci est diffusée aux adhérents et sympathisants en France, en Algérie et Outre-mer. Tous n’ont pas connu Max Marchand et ses compagnons, mais ils croient à la tolérance, à l’humanisme, à la fraternité, à la solidarité et à la paix. Si vous, qui venez de lire ce texte, croyez à ces valeurs, nous serions heureux de vous accueillir pour travailler ensemble, au sein de l’association.