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Trois documents exceptionnels


Les documents qui suivent concernent Max Marchand et, au-delà de son cas personnel, les cinq autres victimes de l’assassinat de Château-Royal. Ils nous ont été transmis par Paule et Claude Morain, que nous remercions vivement d’avoir autorisé la publication de ces archives familiales.

Bref rappel des faits antérieurs

Après le putsch d’avril 1961, Max Marchand, inspecteur d’académie de Bône, est amené à prendre des sanctions contre les instituteurs qui ont soutenu les putschistes. Comme d’autres personnalités, il sait alors qu’il se trouve dans la ligne de mire de l’OAS, qui n’hésite pas à tuer ceux qui lui sont hostiles. Rappelons les assassinats de Me Pierre Popie dans son cabinet d’Alger le 25 janvier 1961, de Camille Blanc, maire d’Évian, à son domicile le 31 mars 1961, de Roger Gavoury, commissaire central d’Alger, poignardé dans son appartement le 31 mai 1961.

Le dimanche 17 septembre 1961, le bâtiment de l’inspection d’académie de Bône est détruit par une charge de plastic. Max Marchand, qui était présent dans son logement de fonction, n’est heureusement pas touché. Le recteur Gilbert Mayer lui propose alors pour la rentrée toute proche « un poste de repli à Alger », la direction des Centres sociaux éducatifs, poste qu’il accepte bien qu’il en ait « assez de cette terre où grimace sans cesse l’affreux visage du fascisme » [1].

Cette nomination, qui prend effet le 1er octobre 1961, rompt l’accord conclu en juillet de la même année entre Gilbert Mayer et son prédécesseur, Laurent Capdecomme, qui, depuis Paris, continue à veiller sur les Centres sociaux, accord selon lequel Marcel Lesne en conservait la direction générale, Ali Hammoutène en ayant la direction administrative et Mouloud Feraoun la direction pédagogique, et cela dans le cadre d’un Centre universitaire.

Les documents

Le premier dans l’ordre chronologique est la demande dactylographiée, non datée, de mutation en France de Max Marchand. Il est probable qu’elle fut envoyée avant la fin de l’année 1961 ou au tout début de l’année 1962. On remarquera en bas les motifs détaillés ainsi que, dans la partie supérieure, l’ajout d’une mention manuscrite éloquente.

Le deuxième est la réponse du ministère de l’Éducation nationale, datée du 5 février 1962 et signée R. de Vulpillières. On notera la marque en marge, vraisemblablement de la main de Max Marchand, encadrant la première phrase du 3e paragraphe, laquelle signifie clairement qu’il ne doit pas espérer être muté avant la fin de l’année scolaire. Rappelons qu’à ce moment-là, le ministre de l’Éducation nationale est M. Lucien Paye, qui fut, en 1946, directeur des Affaires musulmanes en Algérie ainsi qu’un des rédacteurs du Statut de 1947, et, de juin 1956 à juin 1957, directeur général des Affaires politiques et de la Fonction publique au gouvernement général d’Alger, moment où Robert Lacoste était ministre résidant. Paye avait alors pour adjoint militaire le colonel de Vulpillières…

Le troisième document est la lettre écrite par Max Marchand à ses enfants, Paule et Claude Morain, le mercredi 7 mars 1962, huit jours avant l’attentat. Elle se passe de commentaires[2].

Demande de mutation de Max Marchand

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Réponse du ministère

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Lettre de Max Marchand à ses enfants

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Anne Guérin-Castell
publié dans Le Lien numéro 72


  1. Serge Jouin, Max Marchand (1911-1962), de la France à l’Algérie, « biographie d’un enseignant », 1993, Lille, ANRT-Université de Lille III, p. 189 et note 22, même page.
  2. Voir également à ce sujet l'article "Un crime de bureau" de Jean-Philippe Ould Aoudia.

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